Jacques HENRIC

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En septembre 2016, paraîtra aux Éditions du Seuil, dans la collection Fiction&Cie, un livre de Jacques Henric, "Boxe", qui sera suivi en novembre par un Art press 2  consacré à la boxe. Ci-dessous, présentation du livre.

 

Boxe.

Boxe, le livre de Jacques Henric est né de la rencontre de l’écrivain avec le boxeur français d’origine guadeloupéenne, Jean-Marc Mormeck. Plusieurs fois champion du monde dans la catégorie lourds-légers, Jean-Marc Mormeck souhaitait remettre en jeu son titre dans la ville de Kinshasa, là où se déroula en 1974 le « match du siècle », Ali-Foreman. Jacques Henric devait l’accompagner en vue d’écrire le récit de ce combat, mais le projet échoua. Henric se lança alors dans l’écriture d’un livre sur la vie et les combats des grands pugilistes de l’histoire de la boxe, Georges Carpentier, Al Brown, Cerdan,  Ray Sugar Robinson, Mohamed Ali, Sony Liston, Jake la Motta, Carlos Monzon, Myke Tyson, beaucoup d’autres, et bien sûr, Jean-Marc Mormeck.

Sa passion pour ce sport, qui est plus qu’un sport, conduisit Jacques Henric à revenir sur les événements marquants de son enfance et de son adolescence. Mais Boxe est aussi un livre qui, à travers les biographies de figures glorieuses et déchues, touche à de grands thèmes : le destin, le mal, la violence, le racisme, le sexe, la prostitution, les religions, les guerres, les génocides…, tandis que tout au long du livre, se développe une réflexion sur les pouvoirs d’un autre « noble art », celui de la littérature.

 

 

 

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 Parution dans la collection "Les grands entretiens d'Art press" du volume Calaferte.

 

Deux lettres extraites de la correspondance de Louis Calaferte à Jacques Henric.

 

Lyon, le 14 juin 1985

 

 Cher Jacques Henric,

 

Voici les quelques pages dans lesquelles je me suis efforcé de rassembler autant qu’il se pouvait une réponse à plusieurs de vos questions, car en l’écrivant je me suis aperçu qu’il faudrait à un tel sujet un développement incompatible avec une publication dans un journal.

J’espère que ce survol vous conviendra.

D’autre part, je tiens absolument à vous faire savoir v combien je suis, en profondeur, intéressé par la lecture, presque achevée, de votre Carrousels. Maints éléments me sont tout à fait proches, et voilà un type d’expression littéraire que je considère comme appartenant seul à ce qui vaut réellement d’être écrit. Car au diable cette manie des éditeurs de tout couvrir sous l’étiquette de « roman », le livre est une plongée dans le sens même de ce qui conditionne l’existence  — au sens vital — d’un homme ; il est à la fois inquiétant, troublant et révélateur, et il est aussi douloureux , ce qui en fait une  œuvre. Je suis abasourdi   — je le disais hier au téléphone à Patrick Amine qu’un tel travail n’est pas suscité des échos permettant sa large diffusion, car si je ne vous avais pas connu occasionnellement, c’était un livre qui m’échappait . C’est tout de même une honte que le talent, et sa connaissance, sa charge culturelle, tout ce qui fait qu’un livre est riche —  soit d’une certaine manière haï par cette brochette d’impuissants médiocres qui font à leur fantaisie les réputations, à notre époque où, soi-disant, rien ,,,, Il y a là une vraie volonté de nuire. En tout cas, sachez que cette lecture, comme celle de la Peinture et le mal, a été pour moi quelque chose de précieux. Un véritable écrivain, on les cherche à la lorgnette de nos jours !… Je suis heureux pour vous. Le talent me fait toujours plaisir, me réconforte.

En toute amitié.

                                                                                                L. C.

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                                                                            Le 20 janvier 1986

 

Cher Jacques Henric,

 

(…)

 Je suis en priorité sensible dans une œuvre à ces coups de vent qui les traversent, à ce feu inexplicable qui l’alimente parce que son auteur a besoin de s’exprimer, c’est-à-dire d’exprimer ce qui est en lui dans les zones où la circulation se fait plus ou moins bien en ce qui concerne son moi profond. De ce point de vue,  tout livre qui n’est pas une espèce de confession, et, disons, une espèce d’aveu de faiblesse, n’existe pas dans la durée. Ceux qui n’éprouvent pas cette nécessité intense de se dévoiler par l’écriture se bornent tout simplement à élaborer des histoires qui, si bien édifiées fussent-elles, ne surpassent jamais l’horizon anecdotique. Tout livre qui n’est pas une façon d’appel à être aimé, ou compris si peu que ce soit, s’effiloche de lui-même, à supposer même qu’il soit d’abord séduisant. C’est là toute la différence des genres littéraires. Un livre authentique n’est pas fait pour séduire, mais pour  mettre mal à l’aise. Ce que vus écrivez est une inquiétude  à la recherche de son impossible équilibre, et, peut-être, d’j un vague désir de bonheur, d’une nostalgie de ce qui pourrait être — si tout était autrement. On a alors affaire à ce bouillonnement à l’intérieur de l’homme qui est chaque jour une sorte de risque pénible à lui-même ; rien n’est acquis par avance, chaque jour qui se présente n’est pas l’effet d’une continuité paisible, mais une tentative de réponse d’un début qui se renouvelle interminablement avec toutes les angoisses, les doutes, les accalmies aussi, et les recherches insatisfaites ou, par miracle, réussies. (…). Sexe, Mort, Conscience  de l’Impossible (celui de quelqu’un tel que Bataille), voilà quels sont les pôles de tels livres qui en font leur envoûtement pour ceux qui, comme moi, aiment dans le fait littéraire la crispation de la très pénible difficulté d’être. Votre livre, ainsi que je l’ai reçu, est parcouru par ce qui me semble tragique au plus haut point : la traque de l’Insaisissable. Nous sommes, je crois, aujourd’hui, quelques-uns encore à sillonner cette voie littéraire qui accorde au livre sa vraie consistance, sa vraie valeur indépendante de toutes les autres formes. J’ai le sentiment, pour ma part, et je suis sûr de ne pas me tromper, que c’est là la noblesse de l’art littéraire qui, autrement, n’aurait même plus de fonction. Oui, il me semble à vous lire, que nous sommes une poignée de ces combattants que le public rencontre difficilement dans la mesure où il est orienté vers le seul divertissement, auquel d’ailleurs il ne prend qu’un plaisir réduit, car c’est aussi autre chose qu’il attend, mais la communication est la toute-puissance de notre époque. Au fond, on s’en fout, l’essentiel est d’être soi-même et d’accomplir des travaux qui répondent à une durée et à une profondeur — celle de l’Amour, sous toutes ses formes et, en particulier, sous celle de l’Exaspération — la chaîne subtile qui compte Villon paremi ses maillons et passe par un Miller aussi bien que par un Musil.

J’aimerais bien qu’un soir nous puissions parler de tout cela, qui compte pour moi, en tête-à-tête, en gens non pas du métier, mais de déchirure interne. Je souhaite que cette conversation ait lieu,

                                                                               Mon amitié.                                                                                                  Calaferte

 

 

Jacques Henric. ©
Jacques Henric. ©

 

JACQUES HENRIC

 

FAIRE LA VIE

 

Entretien avec Pascal Boulanger

 

ÉDITIONS DE CORLEVOUR

 

 

 

Depuis sa collaboration, au début des années soixante, à l’hebdomadaire culturel Les Lettres françaises que dirigeait Aragon, et la parution, en 1969, de son premier roman, Archées, dans la collection Tel Quel, Jacques Henric, né en 1938, occupe une place singulière dans le monde littéraire contemporain. Il s’est toujours situé librement dans le champ de la pensée. En témoignent ses livres – romans et essais – et ses textes et chroniques confiés à Tel Quel, L’Infini, La Règle du jeu… En témoignent aussi ses interventions mensuelles et souvent caustiques dans Art press. Un esprit frondeur, un goût pour la polémique, lui ont toujours évité d’être pris dans le piège des réseaux et des communautés. Ses études critiques, ses textes écrits pour le théâtre, ses derniers récits sous l’éclairage autobiographique entrecroisant ceux de Catherine Millet font de lui un des rares écrivains dont l’écriture joue sur plusieurs registres.

 

 

Que peut l’écriture quand le temps se divise, se multiplie, se resserre ? Quelle vérité le roman peut-il arracher à la remontée des enfers ? Quels sont les liens entre la peinture occidentale et le catholicisme ? Quelle pensée doit s’imposer face au tissu déchiré de nos vies hasardeuses ? Justement Jacques Henric.

 

Jacques HENRIC : Romancier, essayiste, critique, il a récemment publié Comme si notre amour était une ordure (Stock, 2004), Quand le sexe fait signe à la pensée (Cécile Defaut, 2004), Politique (Le Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2007), Erotica, avec Antonio Saura (5 Continents éditions, 2008) et La Balance des blancs (Le Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2011).

 

 

Pascal BOULANGER : Écrivain, poète et critique, il a publié des essais : Une action poétique de 1950 à aujourd’hui (Flammarion, 1998), Le Corps certain (Comp’Act, 2001), Fusées et paperoles (Comp’Act, 2008) et des recueils

 

poétiques : Tacite (Flammarion, 2001), Jongleur (Comp’Act, 2005), Jamais ne dors (Corridor bleu, 2008) et Le lierre la foudre (Editions de Corlevour, 2011) et Au commencement des douleurs (Corlevour, 2013).

 

 

 

 

 

Prix : 16 €

 

Sodis : 7662410